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Graines d’Avenir : Le sport, vecteur de cohésion et de bienveillance

19 janvier 2018

“Rapprocher un public en situation d’isolement social, voire de précarité, vers l’insertion professionnelle…” : c’est toute l’ambition de l’initiative Graines d’Avenir. Un premier pas pour retrouver confiance en soi et enclencher petit à petit des actions vers son avenir.

 

Mis en place sur le territoire d’Issoire il y a trois ans, ce dispositif innovant s’est étendu au-delà afin de permettre l’accès aux habitants des 90 communes membres de la Communauté de Communes.

 

L’une des membres de l’équipe du CCAS de la ville d’Issoire précise la volonté de cette action :

« C’est un parcours d’insertion qui conjugue différentes actions de découvertes culturelles et sportives.

Notre ambition au travers de ce programme est avant tout de lever les freins sociaux, les accompagner vers une autre marche : l’insertion professionnelle, par exemple au travers de chantiers d’insertion, d’actions associatives…

Ce parcours est une phase de transition qui peut durer de 18 à 24 mois. L’objectif est d’aller vers autre chose, de jouer ce rôle de tremplin vers l’insertion. Cette initiative s’adresse aux femmes et aux hommes âgés de plus de 25 ans, allocataires du RSA ou d’une ARE. Sur le territoire issoirien, il s’agit surtout de femmes isolées, en situation monoparentale. Nous proposons des actions collectives ainsi que des séances d’accompagnement individualisées. »

 

Parmi les ateliers proposés chaque semaine, les participants au programme Graines d’Avenir peuvent prendre part à des activités physiques adaptées. Camille Couchet, chargée d’accompagnement et de développement du DAHLIR, anime chaque vendredi matin cette séance, depuis ce début d’année. Elle nous fait part de ses ambitions  pour l’année à venir.

 

Peux-tu nous parler de la première séance que tu as animé pour le groupe de participants Graines d’Avenir ? Comment s’est-elle déroulée ? Quelle activité leur as-tu proposés ?

 

La première séance que j’ai proposé à Graines d’Avenir s’est déroulée le vendredi 12 janvier. Pour démarrer l’année j’ai proposé aux participants de découvrir un sport peu connu: l’ultimate (frisbee). Nous avons commencé la séance avec quelques exercices de renforcement musculaire pour se remettre en jambe après l’interruption due aux vacances de Noël. J’ai ensuite proposé des petits exercices permettant de se familiariser avec l’utilisation du frisbee et d’intégrer les règles de l’ultimate. Ce sport collectif ludique et accessible à tous a permis à chacun de participer selon ses capacités, dans un esprit coopératif et d’entraide inhérent à tout sport d’équipe.

La séance s’est déroulée dans la bonne humeur; l’objectif premier est que chacun prenne plaisir à participer en trouvant sa place au sein du groupe. Les participants se sont montrés investis et enthousiastes.

Claire Cordelette, ma collègue qui assurait jusqu’alors ces séances, a su faire naître chez eux une réelle motivation à participer à ces temps collectifs d’activité physique.

 

Avais-tu déjà rencontré les participants  ? 

 

Oui j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer les personnes de Graines d’Avenir qui participent aux séances d’activités physiques avec le DAHLIR. Afin d’assurer la transition le mieux possible, nous avions décidé avec Claire Cordelette que j’assisterais aux deux dernières séances de l’année 2017. Cela m’a permis de rencontrer les participants en amont, d’échanger avec eux sur leurs envies et sur leurs éventuels projets de pratique en milieu ordinaire.

J’avais également rencontré quelques participants de Graine d’Avenir à l’occasion d’une séance d’athlétisme commune à plusieurs établissements du Puy de Dôme qui s’était déroulée à Clermont-Ferrand fin novembre.

 

Combien prennent part aux activités ?

Le nombre de participants est variable. En moyenne, 5 ou 6 personnes prennent part aux séances.

Le groupe est assez petit et ne dépasse jamais 10 participants. Cela a plusieurs avantages: d’une part chaque participant peut trouver facilement sa place au sein du groupe et se sentir reconnu comme individu dans le groupe. D’autre part, cela me permet d’adapter au mieux les exercices aux capacités de chacun.

Il faut également préciser que les personnes viennent de façon régulière et que le groupe varie peu, bien qu’il y ait régulièrement de nouveaux participants. Les personnes ont appris à se connaître, elles se sentent à l’aise dans le groupe, ce qui facilite leur implication dans l’activité.

 

 

Quelle genre d’activités penses-tu leur proposer pour l’année à venir ? Des sorties “extérieures” sont-elles prévues ?

 

Plusieurs activités physiques seront proposées aux participants durant l’année.

 

J’essaierai d’alterner au maximum entre des sports collectifs et individuels ainsi que des activités connues et moins connues. L’objectif est de présenter aux personnes un panel varié d’activités afin de faire naître des envies de pratique chez les uns et les autres.

Des activités sur l’extérieur sont bien sûr envisagées : en fonction des possibilités, plusieurs activités physiques de pleine nature comme la randonnée ou l’escalade seront proposées. De plus, comme l’année dernière, nous participerons dans la mesure du possible aux événements sportifs du territoire, tels que l’Yssoirienne qui a lieu en juin.

 

Selon toi, quelle est l’importance de la pratique d’une activité physique dans ce genre de programme ?

 

La pratique d’une activité physique a toute sa place au sein d’un programme comme celui de Graines d’Avenir. Les personnes accompagnées dans ce dispositif ont des profils très divers mais ont des caractéristiques communes : ce sont des personnes fragiles qui ont connu un parcours de vie difficile, isolées socialement et qui montrent une perte de confiance en soi.

L’activité physique est un média qui permet de développer ces différents aspects.

 

D’une part, le côté collectif permet des échanges entre les participants, chacun apprend à trouver sa place dans le groupe et à s’affirmer en tant qu’individu. D’autre part, au travers des activités proposées, les personnes réalisent qu’elles sont capables de faire bien plus de choses qu’elles ne le pensaient au départ.

 

A chaque séance elle peuvent apprécier leurs progrès. Ces différents éléments ainsi que le fait que les groupes soient assez restreints en nombre de participants (ce qui permet une adaptation et une individualisation de la pratique) participent au fait que chacun se sente valorisé et puisse petit à petit reprendre confiance en soi.

Tous ces aspects me semblent essentiels dans une démarche de réinsertion professionnelle. Il est évident que des individus se sentant mieux dans leur corps, revalorisés, regagnant de l’estime de soi, socialisés … se trouvent dans de meilleures conditions pour pouvoir initier des démarches au niveau professionnel.

 

Quelles sont tes attentes pour l’année à venir ?

Tout d’abord je vais continuer au mieux les séances entreprises initialement par ma collègue du DAHLIR. Mon premier objectif est de gagner la confiance des participants et de leur donner, ou leur permettre de garder, l’envie de continuer à participer à ces temps collectifs d’activité physique.

J’espère ensuite voir émerger chez eux l’envie d’aller pratiquer une activité à l’extérieur, leur activité, celle qu’ils auront choisi.

Je serai présente pour les accompagner dans ces projets sportifs en espérant que chacun d’eux réussissent.

 

Copyright - Dahlir 63 (http://dahlir63.fr)

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