Jenny, résidente au CHRS de l’ANEF63

7 août 2017

Jenny a 35 ans. Hébergée au CHRS-ANEF du Puy-de-Dôme, elle reprend petit à petit sa force de vivre. Ateliers d’écriture, séances d’activités physiques, cours de danse-fitness, encadrement de personnes bienveillantes : elle partage son expérience et les nombreux paliers qu’elle a franchis en un an.

Si tu devais résumer l’accompagnement de la part de l’ANEF et du DAHLIR ?

J’ai rencontré des « anges » sur lesquels m’appuyer. J’adresse là un message pour des personnes qui sont en difficulté. On a souvent peur de ce que l’on peut attendre de nous. Avec le CHRS-ANEF et le DAHLIR, on retrouve une sensation liberté, la possibilité de respirer et cela fait du bien. Selon moi, c’est un emblème d’humanité, de vie. J’ai trouvé l’harmonie pour traverser les épreuves, le chaos. Petit à petit, cela m’a permis de me recentrer, de calmer cette colère que j’avais en moi. Je souhaite vraiment que ça continue.

Parle-nous des ateliers auxquels tu as pris part…

Dès que l’on m’a proposée de participer aux séances hebdomadaires d’activités physiques du DAHLIR, j’ai dit oui. Cela me permettait de me lever le matin. J’avais déjà pratiqué des sports à l’école, comme tout le monde. Là, chaque activité sportive était pour moi comme une première découverte.
Cela m’a permis de me sentir forte, de prendre des risques en testant des choses que je ne connaissais pas et surtout de repousser mes limites. Je suis toujours dans ce combat pour vivre, mais je ressens peu à peu cette force.
Parallèlement à ces séances d’activités physiques, avaient lieu des ateliers d’écriture à l’ANEF. Nous avions un projet de création de journal en interne. Cela me donnait aussi l’envie de me lever, de parler et de partager des choses. J’ai rencontré des gens qui luttent, se battent pour faire avancer ce monde. Ces ateliers d’écriture m’ont aussi permis de développer du lien social. Ce petit groupe de personnes c’était à la fois rien et tout : lorsqu’on était ensemble, nous avions la force de partager des choses. Je pouvais me mettre à nu devant eux, j’ai commencé à me laisser aller, à laisser sortir mes émotions. Avec les séances sportives, cela m’a permis de canaliser ma souffrance même si celle-ci est toujours présente.

Depuis quelques mois, tu participes à des séances de danse-fitness. Pourquoi ce choix d’activité ?

Claire m’a proposé d’essayer cette activité. Elle essaie de me trouver un équilibre et elle a bien fait pour cette activité. J’aurais peut-être choisi un sport plus agressif comme la boxe ou le taekwondo…

Et finalement, la danse-fitness me permet de trouver un équilibre, une structure. C’est un travail d’équipe, il n’y a pas de compétition, on tente de s’améliorer ensemble, avec le groupe.

Nous apprenons une chorégraphie au fur et à mesure. C’est sur du long terme. À la fin de l’année (scolaire) nous avons présenté cette chorégraphie à l’occasion d’une représentation devant nos proches, avec toutes les filles. Participer à cette représentation est un aboutissement, pour moi.

Comment décrirais-tu ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Je suis dans l’harmonie, maintenant.

Le bénévolat au DAHLIR me semble être un juste retour des choses : j’espère pouvoir donner autant qu’on l’a fait pour moi. Apporter mon aide, car c’est cela être humain.
Selon mois, il faudrait davantage de structures comme le CHRS ANEF, le DAHLIR. Je verrais bien de telles structures de déployer dans d’autres pays, loin. Après tout, on peut tous se trouver en situation de handicap, ce n’est pas que physique. Là je parle avec mon cœur. Je suis heureuse d’avoir eu ce parcours de bénéficiaire et de pouvoir désormais prendre part comme bénévole. J’ai eu besoin de cette aide pour me relever.
C’était devenu un besoin vital pour moi de pratiquer un sport. Claire Cordelette a fait beaucoup. Le DAHLIR n’est pas juste une structure : ce sont avant tout des personnes qui travaillent pour le bien-être des autres. Cela m’a donné un semblant d’espoir pour être poussée hors de mes limites, je n’aurais pas eu la force toute seule de trouver cette volonté. C’est une chance et j’espère pouvoir continuer.
Maintenant je veux rire, partager mon expérience et apprendre : peut-être que ce sera dans la danse, l’écriture, la cuisine… Je ne conçois pas ma vie dans des structures trop strictes, j’aimerais bien trouver quelque chose qui me permette de toucher à tout. Il faut juste que je trouve un équilibre.

(L’opération DAHLIR Insertion est cofinancée par le Fonds Social Européen dans le cadre du programme opérationnel national « Emploi et Formation » 2014-2020)

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